La
deuxième sélection du Goncourt 2017, annoncée exceptionnellement de la Foire
du Livre de Francfort, comprenant les romans suivants
(par
ordre alphabétique selon le nom de l'auteur)
·
François-Henri
Désérable, Un certain
M. Piekielny (Gallimard)

Quand tu rencontreras de
grands personnages, des hommes importants,
Quand il fit la promesse à ce
M. Piekielny, son voisin, qui ressemblait à “une souris triste”, Roman Kacew
était enfant. Devenu adulte, résistant, diplomate, écrivain sous le nom de
Romain Gary, il s’en est toujours acquitté : “Des estrades de l’ONU à l’Ambassade
de Londres, du Palais Fédéral de Berne à l’Élysée, devant Charles de Gaulle et
Vichinsky, devant les hauts dignitaires et les bâtisseurs pour mille ans, je
n’ai jamais manqué de mentionner l’existence du petit homme”, raconte-t-il dans
La promesse de l’aube, son autobiographie romancée.
·
Olivier Guez, La Disparition de Josef Mengele (Grasset)

1949 : Josef Mengele arrive
en Argentine Caché derrière divers pseudonymes, l’ancien médecin tortionnaire à
Auschwitz croit pouvoir s’inventer une nouvelle vie à Buenos Aires. L’Argentine
de Peron est bienveillante, le monde entier veut oublier les crimes nazis. Mais
la traque reprend et le médecin SS doit s’enfuir au Paraguay puis au Brésil.
Son errance de planque en planque, déguisé et rongé par l’angoisse, ne
connaîtra plus de répit… jusqu’à sa mort mystérieuse sur une plage en 1979.
Comment le médecin SS a-t-il pu passer entre les mailles du filet, trente ans
durant ?
La Disparition de Josef Mengele est une plongée inouïe au
cœur des ténèbres. Anciens nazis, agents du Mossad, femmes cupides
et dictateurs d’opérette évoluent dans un monde corrompu par le fanatisme, la
realpolitik, l’argent et l’ambition. Voici l’odyssée dantesque de Josef Mengele
en Amérique du Sud. Le roman vrai de sa cavale après guerre.
·
Yannick Haenel, Tiens ferme ta couronne (Gallimard)

Un homme a écrit un énorme
scénario sur la vie de Herman Melville : The Great Melville, dont aucun
producteur ne veut. Un jour, on lui procure le numéro de téléphone du grand
cinéaste américain Michael Cimino, le réalisateur mythique de Voyage au bout de
l’enfer et de La Porte du paradis. Une rencontre a lieu à New York : Cimino lit
le manuscrit. S’ensuivent une série d’aventures rocambolesques entre le
musée de la Chasse à Paris, l’île d’Ellis Island au large de New York, et un
lac en Italie. On y croise Isabelle Huppert, la déesse Diane, un dalmatien
nommé Sabbat, un voisin démoniaque et deux moustachus louches ; il y a aussi
une jolie thésarde, une concierge retorse et un très agressif maître d’hôtel
sosie d’Emmanuel Macron.
Quelle vérité scintille
entre cinéma et littérature?
La comédie de notre vie cache
une histoire sacrée : ce roman part à sa recherche.
·
Véronique Olmi, Bakhita (Albin Michel)
Elle a été enlevée à sept ans
dans son village du Darfour et a connu toutes les horreurs et les souffrances
de l’esclavage. Rachetée à l’adolescence par le consul d’Italie, elle découvre
un pays d’inégalités, de pauvreté et d’exclusionAffranchie à la suite d’un
procès retentissant à Venise, elle entre dans les ordres et traverse le tumulte
des deux guerres mondiales et du fascisme en vouant sa vie aux enfants pauvres. Bakhita est
le roman bouleversant de cette femme exceptionnelle qui fut tour à tour
captive, domestique, religieuse et sainte. Avec une rare puissance d’évocation,
Véronique Olmi en restitue le destin, les combats incroyables, la force et la
grandeur d’âme dont la source cachée puise au souvenir de sa petite enfance
avant qu’elle soit razziée.
·
Alexis Ragougneau, Niels (Viviane
Hamy)

«- Tes allers-retours entre la
vie et la mort tu vas les faire encore longtemps ?
- Le temps qu’il faudra.
Pourquoi ? Tu te fais du souci pour moi ?
- Tu es juive, n’est-ce pas ?
C’est insensé, tu sais ce qu’ils te feront s’ils te prennent ?
- Je n’ai pas peur. À
Copenhague, je suis chez moi. Ce sont eux les envahisseurs.»
Danemark 1943, Niels Rasmussen
rencontre Sarah à la rousse chevelure. Il rejoint alors la Résistance et
devient le saboteur de génie qui remodèle la ville occupée à coups d’explosifs.
Quand le conflit mondial s’achève, Sarah attend un enfant et les héros sont
prêts à recueillir leurs lauriers. Pourtant, une page du Parisien Libéré
glissée dans un courrier anonyme va infléchir le destin. Dans la rubrique
“Épuration” Niels lit : C’est le 7 mai que le dramaturge Jean-François
Canonnier, actuellement détenu à Fresnes, passera devant la Cour de justice de
la Seine. Il sera défendu par maître Bianchi.Éperdu d’incompréhension et pour
sauver son « frère de cœur », il entreprend une odyssée qui fera vaciller
toutes ses certitudes quant à l’héroïsme, la lâcheté, la Résistance et la
collaboration.Roman d’aventures, enquête introspective, Niels fait
fi des genres littéraires et nous soumet à la question : Et vous,
qu’auriez-vous fait ?
·
Monica Sabolo, Summer (J.-C.
Latès)

Lors d’un pique-nique au bord
du lac Léman, Summer, dix-neuf ans, disparaît. Elle laisse une dernière image :
celle d’une jeune fille blonde courant dans les fougères, short en jean,
longues jambes nues. Disparue dans le vent, dans les arbres, dans l’eau. Ou
ailleurs ?
Vingt-cinq ans ont
passé. Son frère cadet Benjamin est submergé par le souvenir. Summer surgit
dans ses rêves, spectrale et gracieuse, et réveille les secrets d’une famille
figée dans le silence et les apparences.
Comment vit-on avec les
fantômes ? Monica Sabolo a écrit un roman puissant, poétique, bouleversant.
·
Eric Vuillard, L'Ordre
du jour (Actes Sud)

L’Allemagne
nazie a sa légende. On y voit une armée rapide, moderne, dont le triomphe
parait inexorable. Mais si au fondement de ses premiers exploits se
découvraient plutôt des marchandages, de vulgaires combinaisons d’intérêts ? Et
si les glorieuses images de la Wehrmacht entrant triomphalement en Autriche
dissimulaient un immense embouteillage de panzers ? Une simple panne ! Une
démonstration magistrale et grinçante des coulisses de l’Anschluss par l’auteur
de Tristesse de la terre et de 14 juillet.
Ils
étaient vingt-quatre, près des arbres morts de la rive, vingt-quatre pardessus
noirs, marron ou cognac, vingt-quatre paires d’épaules rem-bourrées de laine,
vingt-quatre costumes trois pièces, et le même nombre de pantalons
à pinces avec un large ourlet. Les ombres pénétrèrent le grand vestibule du
palais du président de l’Assemblée ; mais bientôt, il n’y aura plus
d’Assemblée, il n’y aura plus de président, et, dans quelques années, il n’y
aura même plus de Parlement, seulement un amas de décombres fumants.
·
Alice Zeniter, L'Art de perdre (Flammarion)

L’Algérie dont est originaire
sa famille n’a longtemps été pour Naïma qu’une toile de fond sans grand
intérêt. Pourtant, dans une société française traversée par les questions
identitaires, tout semble vouloir la renvoyer à ses origines. Mais quel lien
pourrait-elle avoir avec une histoire familiale qui jamais ne lui a été
racontée ?
Son grand-père Ali, un
montagnard kabyle, est mort avant qu’elle ait pu lui demander pourquoi
l’Histoire avait fait de lui un « harki». Yema, sa grand-mère, pourrait
peut-être répondre mais pas dans une langue que Naïma comprenne. Quant à Hamid,
son père, arrivé en France à l’été 1962 dans les camps de transit hâtivement
mis en place, il ne parle plus de l’Algérie de son enfance. Comment faire
ressurgir un pays du silence ? Dans une fresque romanesque puissante et
audacieuse, Alice Zeniter raconte le destin, entre la France et l’Algérie, des
générations successives d’une famille prisonnière d’un passé tenace. Mais ce
livre est aussi un grand roman sur la liberté d’être soi, au-delà des héritages
et des injonctions intimes ou sociales.
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